Pourquoi l’école nous prépare-t-elle mal au Web ?

 

 

Sous ce titre volontairement provocateur, Jean-Marc HARDY, journaliste et formateur en écriture web, a exposé lors de la 5è édition du Forum des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) sa vision pointue des compétences nouvelles pour les rédacteurs de contenus web que nous sommes …pratiquement tous et que nos apprenants sont/seront …..sans aucun doute.

 

 

J’aurais pu aussi vous dire: « Encore »quelque chose dont nous allons devoir nous occuper chers collègues….. certes l’exposé est des plus convaincants .

 

 

Voir la vidéo la conférence accompagnée des slides ( 1heure):

 

 

Passons rapidement en revue quelques « travers » de nos habitudes scolaires (selon J.M Hardy):

 

 

  • Raisonner « Introduction – Développement – Conclusion »

    Parce qu’il n’y a pas de début ou de fin à un site web, nous ne « tombons » pas forcément sur la page d’accueil .

  • Faire de la littérature

    Une phrase, c’est souvent trop, lassant, peu explicite.

  • Être exhaustif

    Lire sur écran est fatiguant et la saturation rapide.

    Une compétence à développer par les enseignants serait d’apprendre à trier l’important de l’accessoire, à renforcer la capacité de sélectivité.

  • Être érudit

    N’est malheureusement pas toujours compatible avec être compréhensible

  • Être sérieux

    Faut-il toujours « terminer son travail, M’sieur » ? Pourquoi ne pas s’attacher plutôt à la réaction de l’utilisateur .

    Ensuite: corriger, affiner,améliorer sur la longueur.

    Et par ailleurs,même en l’absence de technologies, accorde-t-on assez d’importance à l’impact des mots sur le lecteur .Est-ce pris en considération par l’école?

  • S’en tenir à l’académique pur

    La frontière parfois étroite ,par exemple sur Google, entre l’informatif et le commercial mériterait d’être décryptée dès l’école. L’absence de frontières ne signifiant pas ne pas poser ses propres limites.

  • Manier de nobles concepts

    Alors que le Web est plutôt destiné à l’action, inciter à l’action est une fonction à maîtriser.

  • Utiliser le subjonctif imparfait

    Plutôt que de se concentrer sur la concision et la précision du texte

  • Considérer le dessin comme un cours annexe

    Annexe parce que « sur le côté »et annexe car n’étudiant pas assez le crucial rapport entre le texte et l’image. Or le dessin lui-même est informatif et l’écriture peut être visuelle.

    Cependant, il est curieux de constater que l’image n’est pas le premier marqueur de l’internaute mais bien les titres et plus précisément les premiers mots de chaque titre et sous-titre.

  • En faire un maximum

    De par un vieux réflexe selon lequel plus il y en a ,mieux c’est. En web aussi « Less is more »

  • Faire plaisir au prof

    Soit dévier de sa route pour s’adapter à des besoins même pas encore exprimés.

    En web, cela pourrait se traduire par tenir davantage compte du client que du public-cible.

  • Ne pas laisser copier le voisin

    Le Web est de par sa philosophie contraire à l’instinct de propriété et est par nature plutôt collaboratif. Avons-nous ces habitudes de collaboration,de travail d’équipes?Les encourageons-nous dans la classe ?

 

Et pourquoi ne pas réfléchir à «  Comment le Web peut-il nous préparer à l’école ? » Ce sera pour un prochain épisode…

Voir aussi :

Toutes les conférences de ce forum des TIC ( 22 avril 10, La Géode)

Le blog et le site professionnel de Jean-Marc Hardy

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7 Responses to "Pourquoi l’école nous prépare-t-elle mal au Web ?"

  1. Tweets that mention Pourquoi l’école nous prépare-t-elle mal au Web ? -- Topsy.com says:

    [...] This post was mentioned on Twitter by yann leroux and Pedago-TIC.be, nadya benyounes. nadya benyounes said: RT @PedagoTIC Nouvel article : Pourquoi l'école nous prépare-t-elle mal au Web ? http://bit.ly/9LAy5z [...]

  2. FranckRouanet says:

    Je pense simplement que les enseignants (surtout les plus anciens) font partie d’une génération qui a découvert le web tardivement (et pour cause) alors que les jeunes baignent dedans depuis leur naissance. Des formations complémentaires seraient nécessaire pour les enseignants afin de se mettre au niveau de leurs élèves dans ce domaine, dans un premier temps, avant de pouvoir retransmettre leur savoir. Certaines personnes ont du mal à concevoir l’utilité croissante de l’informatique et du web et les habitudes sont difficiles à changer dans l’enseignement.

  3. thibaudd says:

    BIEN D’ACCORD.
    Mais malheureusement, le corps professoral (du moins, un partie) n’est pas prêt pour ça. Beaucoup, avec tout le respect que je leur dois, font partie de la veille école et ont une sainte horreur du web. Il suffit de voir l’usage, ô combien productif, qu’ils ont des plateformes de partage en ligne (Ecampus, mail, etc.).
    Mais un jour, ça viendra… Le web est le moyen de communication incontournable de l’avenir et il faudra qu’il fasse partie des programmes d’éducation.
    Wait and see…

  4. antonin says:

    Le format d’écriture est important, la protection de la vie privé aussi. Comment éduquer les jeunes pour qu’ils aient conscience de la nature public d’internet et de la portée de leurs propos ?
    La vérification des sources est aussi primordiale. Internet est foisonant d’information, c’est à la fois merveilleux et horrible. Quels techniques pour ne pas se laisser abuser et en tirer le meilleur parti ?

    Ce sont des questions qui doivent aller de paire avec la rédaction web.

  5. acheter tv 3d says:

    Bonjour,

    je suis à peu près ok sur toutes les (non) compétences listées ci dessus. Par contre sur la partie 1 ( introduction développement conclusion), je trouve au contraire qu’il s’agit d’une compétence essentielle pour la rédaction de contenu web. D’une part pour le lecteur et d’autre part d’un point de vue technique de référencement.

    Même si aujourd’hui on ne peut pas faire de « littérature » sur le web,il est quand même impératif de savoir écrire correctement. Cette compétence « français » est donc de plus en plus importante et recherchée par les éditeurs

    Le résumé, devient, du coup, le meilleur exercice pour se préparer au web.

  6. rahimdj says:

    Belle conférence et je suis d’accord avec vous sur ce point!
    Dommage que la vidéo présente quelques petits soucis…

  7. Willy says:

    Je tiens à préciser que je n’ai pas vu le podcast, et je m’appuie donc uniquement sur l’article, ne sachant pas de quelle éducation précisément on parle (ce qui est chagrinant en soi).
    En quoi je ne suis pas d’accord avec la grande majorité de ces points :

    « Raisonner « Introduction – Développement – Conclusion »
    Parce qu’il n’y a pas de début ou de fin à un site web, nous ne « tombons » pas forcément sur la page d’accueil »

    Que fait un prof lorsqu’il corrige ? Il l’intro, il aura une bonne idée de la copie. Ensuite, en considérant la conclusion, il pourrait presque s’éviter la peine de lire le développement pour donner un niveau de note.
    Pour lire un article web, c’est pareil : intro en vrac, article mal construit, pas de conclusion = *next*. Si l’auteur n’a pas appris à construire

    « Faire de la littérature
    Une phrase, c’est souvent trop, lassant, peu explicite. »
    Mais une phrase terne, qui ne donne aucun relief à l’info, n’a aucun intérêt. Pourquoi lirais-je une analyse plate alors que je peux trouver des fils d’agence pour l’info brute ?

    « Être exhaustif
    Lire sur écran est fatiguant et la saturation rapide.
    Une compétence à développer par les enseignants serait d’apprendre à trier l’important de l’accessoire, à renforcer la capacité de sélectivité. »
    Il me semble que le propre de la dissertation à la française et l’ordonnancement et le tri d’info en dialectique. Jamais un prof reprochera de ne pas avoir tout dit, mais systématiquement de pas avoir fixer de problématique claire.

    « Être érudit
    N’est malheureusement pas toujours compatible avec être compréhensible »
    Un érudit peut ne pas être compréhensible, mais peut l’être.
    Tout comme n’importe qui, avec un peu de jargon. Et il me semble que tout raisonnement bien assimilé, et tout fait qui peut être mis en perspective aura une probabilité plus élevée d’être retranscrit de manière bien plus compréhensible.

    « Être sérieux
    Faut-il toujours « terminer son travail, M’sieur » ? Pourquoi ne pas s’attacher plutôt à la réaction de l’utilisateur . »
    Je suis d’accord sur ce point (fallait bien lâcher qq chose :D )

    « Ensuite: corriger, affiner,améliorer sur la longueur.
    Et par ailleurs,même en l’absence de technologies, accorde-t-on assez d’importance à l’impact des mots sur le lecteur .Est-ce pris en considération par l’école? »
    Oui. Cf la marge « répétition, lourdeur » et les commentaires sur le fond et sur la forme.

    « S’en tenir à l’académique pur
    La frontière parfois étroite ,par exemple sur Google, entre l’informatif et le commercial mériterait d’être décryptée dès l’école. L’absence de frontières ne signifiant pas ne pas poser ses propres limites. »
    Si je suis d’accord sur ce fait (apprendre la culture web), L’école apprend tout de même à former son esprit critique. (cf les décalages d’analyse face à l’information journalistique selon le niveau d’instruction, grâce à des bagages académiques, notamment (statistiques, sociologiques, économiques, etc.)

    « Manier de nobles concepts
    Alors que le Web est plutôt destiné à l’action, inciter à l’action est une fonction à maîtriser. »
    De quel web parle-t-on ? La blogosphère ne me parait pas incarner l’action.

    « Utiliser le subjonctif imparfait
    Plutôt que de se concentrer sur la concision et la précision du texte »
    L’incidence d’une mauvaise conjugaison face à un texte maladroitement bâti me parait bien négligeable.

    « Considérer le dessin comme un cours annexe
    Annexe parce que « sur le côté »et annexe car n’étudiant pas assez le crucial rapport entre le texte et l’image. Or le dessin lui-même est informatif et l’écriture peut être visuelle. »
    Oui (même si on a tous des cours d’arts plastiques)

    « En faire un maximum
    De par un vieux réflexe selon lequel plus il y en a ,mieux c’est. En web aussi « Less is more » »
    Plus la densité est importante, mieux c’est. C’est pour cela que tout au long de l’éducation, les enseignants contingentent la production littéraire (dissert en 8 pages notamment).

    « Faire plaisir au prof
    Soit dévier de sa route pour s’adapter à des besoins même pas encore exprimés. »
    Comme faire plaisir au lecteur web, non? (course au visiteur unique, au « hit »)

    « Ne pas laisser copier le voisin
    Le Web est de par sa philosophie contraire à l’instinct de propriété et est par nature plutôt collaboratif. Avons-nous ces habitudes de collaboration,de travail d’équipes?Les encourageons-nous dans la classe ? »
    Tout a fait d’accord. Grosse carence en classe.

    En espérant amener un contre-poids utile. (et ne pas contredire que par principe ^^)
    Bien cordialement,
    Willy

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