#ludovia2010 – Day2 : Repenser l’enseignement

Note aux lecteurs : Ce billet parle de l’enseignement en Communauté française de Belgique (pas de la France)

 

Le cerveau en ébullition suite aux discussions suivant le barcamp « établissement scolaire au XXIème sièce », je me suis levé ce matin avec encore plus de questionnement et de remise en question que la veille concernant les usages des TICE dans l’enseignement en Communauté française de Belgique.

Vous aurez donc 2 billets aujourd’hui, ce premier basé sur la réflexion issue des rencontres et un second, plus factuel retraçant la seconde journée officielle du colloque Ludovia 2010

La comparaison des modèles d’enseignement

qui mènent à la réflexion de ce jour va se passer hors table ronde et colloque. Lors d’échanges avec Mario Asselin (Quebec) et Lionel Kaufman (Suisse), j’ai pu comparer la manière dont chaque pays approche son enseignement, ses enseignants et la formation.

Briser des certitudes et découvrir avec enchantement certaines particularités de l’enseignement dans d’autres pays présents ce colloque francophone ou pas m’amène à cet article.

Alors que nos politiques (en Belgique …) ont les yeux rivés sur les enquêtes Pisae et autre baromètres TIC en cherchant le fil d’ariane qui les mèneront vers des résultat rapidement visibles, d’autres pays se sont tournés vers une réflexion et une rénovation en profondeur leurs structures.

Un exemple parmi d’autres. Au Quebec, les enseignants sont présent et disponibles dans l’école 35 heures par semaine. Leurs charges de cours (23-25 heures) ne sont cependant pas plus importantes qu’en Belgique. Le temps restant est utilisé pour la préparation des cours, correction et de manière volontaire pour de la remédiation, du partage entre pairs et surtout de la formation continuée.

Bien entendus, à cet effet, les enseignants disposent d’un bureau (habituellement personnel) équipé et connecté.

Qui parmi nous n’a pas un collègue dont le cours est identique depuis des années et qui (en mimétisme avec ses élèves) à déjà mis sa veste et rangé ses ustensile pédagogiques 5 minutes avant la fin de l’heure des cours ?

L’établissement de telles mesures en Belgique seraient-elles acceptées ? N’aurions nous pas une réticence très forte des réseaux et des syndicats ?

A l’heure ou les enseignants se plaignent du peu de considération de leur fonction et des difficultés de trouver des « moments » hors classe pour échanger entre pairs, ou se former, ce genre de solution (adaptée aux spécificités de la C.F.) ne serait-elle pas un début de réponse ?

La formation des enseignants

sera ma seconde réflexion, et pour cela, je prendrais le cas de la Suisse. En 2000, la Suisse à comme d’autres pays, calqué son enseignement supérieur sur les recommandations issues du traité de Bologne. Mais la où en Belgique, nous avons repeint les murs, la Suisse elle à reconstruit la maison.

Etre enseignant (même en primaire) suppose un Master 2 minimum, dont 2 années spécifiquement « pédagogiques » dans un établissement ad-hoc.

A l’heure ou les enseignants n’ayant pas le titre requis sont de plus en plus présents dans nos établissements, ne serait-il pas intéressant de « professionnaliser » le métier d’enseignant ? Une réforme en profondeur de nos écoles normales permettrait à termes de créer des générations d’enseignants mieux armés pour leur carrière.

Pour rappel, un enseignant quitte sa fonction en moyenne après 8 ans de carrière, pour ne pas y revenir. Notre enseignement est donc une « boucherie à profs » brisant l’énergie de la grande majorité de ceux-ci.

Les obligations pédagogiques

seront mon ultime et courte réflexion. En Suède, les enseignants sont obligés d’intégrer les TIC dans leurs cours. Pas simplement l’outil pour l’outil, mais principalement des usages.

Les chiffres après 5 ans sont les suivants … 4 heures d’usage des TIC hebdomadaire (en temps scolaire) par élève, et cela hors cours spécifiquement dédié à l’informatique. J’ai peur de demander les chiffres pour la C.F. (existent-ils ?)

Comment armer nos étudiants au monde qui les entoure si nous ne sommes pas capable d’introduire ses notions dans notre enseignement ? Comment armer les enseignants et les former alors que la formation continue est si peu présente dans leur carrière (pour rappel 2x 5 jours par an en Suède ! Dont 2 dans les TIC )

Cracher dans la soupe

n’est pas mon propos du jour. Plus simplement, j’aimerai amener à réflexion plus profonde qui pourrait amener a une réforme copernicienne (c’est tendance en Belgique) afin d’armer notre enseignement face aux défis qui l’attendent.

Ludovia continue, mais je ne manquerait pas de revenir dès mon retour en Belgique et la rentrée sur ces thèmes plus politiques.

written by

Conseiller pédagogique TIC auprès de TechnofutuTIC, responsable du projet Pedago-TIC.
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One Response to "#ludovia2010 – Day2 : Repenser l’enseignement"

  1. retour sur Ludovia 2010 | Les z'ed says:

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